SpeakUp – une app pour prévenir le décrochage des étudiant·e·s grâce à un réseau social mobile temporaire

19 juillet 2017
Catégorie(s): Projets réalisés

REFERENCES DU PROJET

PRESENTATION DU PROJET

SpeakUp est une application mobile développée initialement à l’Unil, puis étendue conjointement avec l’EPFL, dont le but est de faciliter les interactions entre les étudiant-e-s et un-e enseignant-e, pendant que ce dernier donne son cours : les étudiant-e-s peuvent poser leurs questions de manière anonyme, voir les questions de leurs collègues, et évaluer positivement ou négativement les diverses questions. De plus, SpeakUp est une application géo-localisée qui tient compte de la présence physique de ses utilisateurs.

Dans sa version actuelle, SpeakUp est exclusivement focalisée sur les interactions en présentiel au moyen d’un smartphone (Android ou iOS), et ne permet pas de prolonger en dehors de la salle de classe les discussions / interactions initiées pendant le cours. De plus, les interactions supportées sont essentiellement de type « questions à l’enseignant-e ». SpeakUp est utilisé pour plusieurs enseignements à l’Unil, à l’EPFL et même en dehors, et a fait l’objet de plusieurs évaluations donnant lieu à des publications scientifiques. Durant le semestre d’automne 2017, SpeakUp comptait environ 15’000 utilisateurs récurrents.

Partant des limitations de SpeakUp, le but de ce projet est d’étendre l’application en lui ajoutant la possibilité pour les étudiant-e-s de signaler instantanément et anonymement leur décrochage individuel et d’agréger les décrochages en cours afin de les présenter à l’enseignant-e. Un autre type d’extension prévu devrait permettre de prolonger l’utilité de SpeakUp au-delà du cours lui-même et de favoriser l’autonomie des étudiant-e-s, en leur proposant d’interagir entre elles/eux en dehors de leur présence en classe et en pérennisant les diverses interactions passant par SpeakUp (cf Projet 2016 ci-dessous).

FICHE PEDAGOGIQUE

  • Avec l’augmentation constante des effectifs, notamment en SSP et en HEC où le détriplement de certains cours est désormais nécessaire, les étudiant-e-s se sentent intimidé-e-s pour poser des questions ou manifester leur décrochage pendant le cours. Il est également difficile pour l’enseignant-e de savoir si les étudiant-e-s suivent et comprennent son enseignement ; l’idée de départ de SpeakUp est précisément d’essayer de résoudre ce problème de décrochage. Cette application y parvient déjà dans une certaine mesure. SpeakUp permet actuellement aux étudiant-e-s de :

    • participer activement en posant leurs questions de manière anonyme,
    • prendre connaissance des questions de leurs collègues,
    • évaluer positivement ou négativement l’intérêt qu’elles/ils portent aux diverses

    Néanmoins, dans sa version actuelle, l’app SpeakUp est limitée et n’offre pas suffisamment d’informations à l’enseignant-e concernant la gestion de sa classe et ne permet qu’un certain type d’interactions (questions des étudiant-e-s vers l’enseignant-e et évaluation de ces questions par les étudiant-e-s elles/eux-mêmes). L’idée de ce projet est de soutenir l’enseignant-e dans la gestion des interactions de sa classe et d’offrir aux étudiant-e-s la possibilité de développer un apprentissage en profondeur même avec un grand effectif, en étendant les fonctionnalités de SpeakUp.

  • Le but du projet est d’étendre SpeakUp pour lui permettre de supporter les scénarios pédagogiques présentés ci-dessous. La plupart de ces extensions ont pour contexte des cours à (très) grands effectifs et les difficultés qui en résultent.

    Détecter et prévenir le décrochage des étudiant-e-s. Un paradoxe lors du décrochage des étudiant-e-s dans un grand effectif tient au fait que c’est précisément lors de tel décrochage que les étudiant-e-s se manifestent le moins, et donc que l’enseignant-e reçoit le moins de feedback. L’extension prévoit des modalités de vote prédéfinies comme : « je n’ai pas compris », « cela va trop vite », « un exemple serait bienvenu », etc. De plus, sur la slide projetée, un bandeau en bas de l’écran intègre le résultat des votes en live dans une jauge de couleur ; ainsi les étudiant-e-s peuvent facilement et anonymement signaler leur décrochage et l’enseignant-e en prend conscience rapidement.

    Favoriser les interactions pendant la classe. SpeakUp permettait essentiellement aux étudiant-e-s de poser leurs questions anonymement et de voter sur les questions des autres étudiant-e-s. Une extension consiste à utiliser le même bandeau que pour la détection du décrochage, où s’affiche une notification qui signale qu’une question d’étudiant-e a recueilli plus de x % de votes et indique à l’enseignant-e qu’il peut y jeter un coup d’oeil et y répondre.

    Capitaliser sur les interactions après coup. SpeakUp ne permettait pas de pérenniser les interactions ayant eu lieu en classe pour un usage ultérieur. De ce fait, le contenu de ces interactions était perdu d’une session à l’autre. A la fin d’un cours, l’enseignant-e peut télécharger un rapport des activités qui se sont déroulées durant son cours. Par exemple, identifier les parties du cours qui ont posé problème avec la/les slides correspondantes, etc. Des données statistiques témoignent de l’attention des étudiant-e-s et peuvent servir à réguler les cours ultérieurs en intégrant par exemple plus d’activités ou d’exemples concrets. De plus, une fois pérennisées, les interactions peuvent servir de base à des discussions et autres prolongements après le cours, typiquement via un site web de type Moodle (Learning Management System). Finalement, SpeakUp peut également être utilisé comme un canal de communication vers les étudiant-e-s afin de les inciter à participer à la communauté du cours (p. ex. en répondant aux questions de leurs collègues, en proposant des liens vers des sources d’information, etc.).

  • Ce projet et l’application qui en résulte permet à un plus grand nombre d’étudiant-e-s de se manifester pendant et en dehors des cours à (très) grands effectifs. Les étudiant-e-s ont la possibilité de participer en posant des questions aux autres étudiant-e-s et à l’enseignant-e, mais également en répondant aux questions des pairs. L’utilisation de cette application pendant le cours permet aux étudiant-e-s de pouvoir informer l’enseignant-e qu’ils sont en phase de décrochage. Cela permet à l’enseignant-e de faire une pause pour revenir sur les notions non comprises par les étudiant-e-s.

    Ce projet vise essentiellement à agir sur deux dimensions importantes pour développer des apprentissages en profondeur : l’interactivité et le feedback. L’interactivité est favorisée car même les étudiant-e-s les moins à l’aise pour s’exprimer en auditoire ont l’occasion de poser des questions ou de répondre à une question posée par leurs collègues. De même, l’enseignant-e aura la possibilité d’utiliser les informations fournies par les étudiant-e-s pour piloter sa salle de classe et identifier les sources de décrochage pour pouvoir y remédier rapidement. De plus, cela permet de créer une véritable communauté autour du cours pour pouvoir prolonger les discussions entamées mais également pérenniser et enrichir les interactions ayant eu lieu en classe.

    Bien qu’il existe aujourd’hui un certain nombre d’outils visant à améliorer l’expérience d’apprentissage, SpeakUp est le seul outil offrant une combinaison (1) d’interactions sociales « ici et maintenant » (présentiel), (2) d’anonymat et (3) d’évaluation la pertinence des messages. Avec les extensions prévues dans le cadre de ce projet, les fonctionnalités de SpeakUp sont étendues dans le sens de la détection et la prévention du décrochage des étudiant-e-s, favorisant ainsi leur autonomie et encourageant les interactions au sein de la communauté liée à un enseignement.

Le site du projet: 

http://speakup.info

 

PROJET FIP 2016

Dans le cadre du FIP 2016, le professeur D.Hamidovic a mené un projet pour étendre l’utilisation de SpeakUp en dehors de la classe. En effet, l’enseignement Introduction au Judaïsme : Histoire, religion, culture. Des origines au XXe siècle, s’adresse à un très large public d’étudiant·e·s venant de facultés diverses (sciences sociales et politique, histoire, psychologie, lettres, sciences du sport, théologie et sciences des religions, etc.) et à des auditeurs réguliers. Cet enseignement prend donc place dans de nombreux cursus et l’année d’inscription des étudiant·e·s varie entre la première année et plus de six ans d’étude. 

Compte tenu des notions complexes abordées au sein de cet enseignement, des divers parcours des étudiant·e·s, de leurs pré-acquis très variables, des étudiant·e·s peuvent pàrfois se trouver déconcerté·e·s et peinent à trouver des réponses par eux-mêmes. Des étudiant·e·s demeurent avec des questions souvent de base ou des questions d’explicitation sans oser les poser à l’enseignant·e. Il en résulte un risque de décrochage et d’accumulation des lacunes que l’enseignant·e mesure seulement au moment des oraux. 

L’objectif du projet a été de mettre en place un espace collaboratif et interactif en se servant de l’outil SpeakUp, pour donner la possibilité à l’étudiant·e se trouvant en difficulté de poser anonymement des questions et d’étendre l’usage de l’outil de manière à maintenir les espaces de discussion ouverts en dehors des cours; les étudiant·e·s ont ainsi à leur disposition un espace permettant de maintenir le débat entre eux afin de préparer les séances suivantes et de réviser dans la perspective des oraux. Le dispositif pédagogique supervisé par une assistante permet de suivre les étudiant·e·s entre les séances et après les séances dans leurs interactions dans un système proche du tutorat et du monitorat.