Correx

22 octobre 2018
Catégorie(s): Projets réalisés

REFERENCES DU PROJET

PRESENTATION DU PROJET

Les écrits académiques requièrent des compétences hétérogènes, comme la maîtrise de la langue, de la matière, de l’argumentation… Si bien qu’il est parfois difficile pour l’étudiant·e de se rendre compte des points forts ou des points faibles de son écriture.

Dans ce contexte, le projet vise à faciliter et à améliorer la correction des travaux écrits réalisés en faculté des Lettres, en permettant un feedback plus lisible des enseignant·e·s à l’attention des étudiant·e·s ainsi que la possibilité d’un retour écrit des étudiant·e·s sur les propositions de modification faites par les enseignant·e·s. Une partie du feedback prend la forme de dialogue avec l’étudiant·e, l’amenant à questionner son rapport à l’écriture.

Pour atteindre cet objectif, le projet se concentre parallèlement sur deux axes : la création d’une base de données de feedback pour les erreurs type les plus fréquentes selon 5 plans d’analyse distincts (la langue et le style, la structure, l’argumentation et le contenu des propos, la conduite du texte, les aspects formels et techniques) et la recherche et analyse de solutions disponibles pour la correction de textes en fonction des besoins identifiés.


Présentation du projet lors de la 4e Journée de l’innovation pédagogique par Thierry Herman

FICHE PEDAGOGIQUE

  • Aujourd’hui, chaque enseignant·e corrige les copies des étudiant·e·s selon la méthode qu’il ou elle privilégie, de façon manuscrite ou de façon électronique. On constate cependant que manuellement, les corrections prennent de la place et souvent les marges se révèlent insuffisantes ; informatiquement, le suivi des modifications peut vite devenir illisible sur Word (sur un fichier au format PDF, la tâche est encore plus fastidieuse).

    De plus, les corrections concernent généralement plusieurs plans : la langue et le style, la structure, l’argumentation et le contenu, la conduite du texte, la mise en page, la mise en forme des citations et des références bibliographiques… Dans le cadre d’une correction classique, sur papier ou à l’ordinateur, ces plans ne peuvent être graphiquement distingués.

    Une autre observation porte sur la récurrence de certains commentaires que l’enseignant·e doit faire : les étudiant·e·s ont tendance à répéter le même type d’erreur au sein d’un travail, et l’étudiant doit réécrire la même remarque ; il s’agit d’une tâche fastidieuse qui peut être optimisée.

    Enfin, il est intéressant de noter que lorsque les étudiant·e·s doivent faire une seconde version de leur texte, un double problème apparaît : d’une part, les étudiant·e·s n’ont pas directement la possibilité de répondre à une correction ou de signaler si une correction demandée n’est pas comprise ; d’autre part, les enseignant·e·s peinent à voir, sauf comparaison des versions, si les corrections ont bien été prises en compte par les étudiant·e·s.

    L’intention du projet est de réfléchir à différentes solutions devant cette série de problèmes pour optimiser le travail de correction tant du point de vue des enseignant·e·s que des étudiant·e·s, favorisant l’efficacité de la correction et l’apprentissage autonome à partir de corrections sériées permettant aussi le feedback des étudiant·e·s.

  • Le projet consiste d’une part en l’élaboration d’une base de données compilant des feedbacks possibles et utilisables par les enseignant·e·s dans leurs interactions avec les étudiant·e·s et, d’autre part, en l’exploration de scénarios de correction à l’aide d’outils informatiques. Concernant le scénario pédagogique, les étudiant·e·s produisent, dans le cadre d’un de leurs cours, un texte à transmettre en correction à l’enseignant·e·s (dissertation, mémoire, essais). Les textes dont le niveau de français n’est pas satisfaisant peuvent être retravaillés dans le cadre du cours / tutorat « Ecrire à l’université : rhétorique, techniques et pratiques ». Un travail approfondi sur l’écriture est alors entrepris avec l’étudiant·e autour de son texte. Des feedbacks portant sur divers plans et questionnant la production de l’étudiant·e lui sont fournis. Il s’agit d’un processus itératif durant lequel diverses versions du texte sont soumises par l’étudiant·e jusqu’à l’obtention d’une version finale de qualité.

    La solution envisagée permet aux étudiant·e·s de déposer leurs travaux en format Word et aux enseignant·e·s d’y apporter directement leurs corrections. La correction n’est donc pas liée au logiciel Word (logiciel propriétaire complexe) ni même liée au développement d’un quelconque logiciel de traitement de texte (complexe à concevoir et coûteux à développer). Correx prévoit donc :

    • un système d’axes – discriminés par des nomenclatures de couleurs différentes et personnalisables – que chaque professeur peut paramétrer selon ses besoins et attentes ;
    • un système de surlignage du fragment textuel problématique qui permet à l’enseignant·e de sélectionner l’axe pertinent et d’y intégrer rapidement sa correction.

    Le système d’axes permet notamment de matérialiser graphiquement les différentes compétences mobilisées. L’étudiant·e peut ainsi mieux se rendre compte de ses forces ou de ses faiblesses (un travail écrit peut très bien n’avoir aucun calque bleu – Langue – mais contenir de nombreux commentaires orange – Argumentation et contenu). De cette façon, l’étudiant·e est plus facilement sensibilisé·e aux exigences académiques qui lui font encore défaut.

    La constitution d’une base de données, permettant d’associer un commentaire à un raccourci, représente également un aspect central de ce projet. Par ailleurs, comme cette solution favorise l’apprentissage de l’étudiant·e, les commentaires ont été formulés sous forme interrogative également, afin qu’il·elle trouve la solution au problème signalé.

    Du côté étudiant·e, l’interface offre une lisibilité optimale des corrections. Le dispositif de visualisation distingue bien le texte d’origine des corrections apportées, sous la forme d’un surlignage au passage de la souris avec la légende d’accompagnement et associe, sans ambiguïté, le mot avec le commentaire de l’enseignant·e. De plus, l’étudiant·e peut consulter les corrections depuis le système et répondre aux remarques de l’enseignant·e pour rapporter ce qu’il ou elle a changé dans la nouvelle version du texte ou, dans le cas contraire, pour expliquer pourquoi il ou elle n’a pas pu prendre en compte les remarques de l’enseignant·e ou s’il ou elle n’a pas compris le sens de la correction proposée.

  • Le projet favorise un dialogue d’une plus grande proximité entre l’enseignant·e et l’étudiant·e au travers de ce système de feedback autorisé par les commentaires. Pour les enseignant·e·s, le système des axes revêt un grand intérêt, car il leur permet, au moment de noter l’étudiant·e, de voir si finalement les qualités du travail relèvent par exemple davantage de la compréhension de la matière ou de la maîtrise de la langue.

    Correx amène une plus-value majeure dans l’enseignement des écrits universitaires et contribue largement à améliorer la qualité des corrections des écrits des étudiant·e. Les étudiant·e·s bénéficient par conséquent d’un feedback complet qui leur permet de prendre conscience des points faibles et des points forts de leur écriture au moment de rédiger une deuxième version de leur travail.

Consultez l’article « CORREX: annoter les travaux académiques à l’aide de sa palette personnelle » sur l’espace « Enseignement et Technologies ».